Le groupe Pernod-Ricard lorgne sur l’or vert

Publié le 17 janvier 2019 par Valerie Gayte

La diversification est sur la « To-Do List » d’Alexandre Ricard, patron du groupe et petit fils du fondateur, Paul Ricard. Mais avant de parler de relais de croissance, il fait travailler ses équipes, depuis des années, sur l’impact de la légalisation du cannabis dans un nombre grandissant de pays.

A commencer par les États-Unis, premier consommateur mondial, où une dizaine d’États ont franchi le pas et 33 l’ont autorisé à usage thérapeutique. En Europe, la Belgique et l’Espagne ont suivi l’exemple des Pays-Bas et ont commencé à dépénaliser l’usage et la possession en petites quantités. En France, premier consommateur européen, l’idée fait lentement son chemin.

Les perspectives sont fumantes

Les ventes légales de cannabis devraient doubler dans le monde d’ici 2022, à plus de 30 milliards de dollars. De quoi stimuler l’intérêt de quelques grands groupes industriels…  Certains ont déjà créé leur petite affaire comme le Néerlandais Heineken ou l’Américain Constellation Brands qui possède notamment Corona. Coca-Cola a deux ou trois idées en tête.

Mais les people s’y mettent aussi : l’ancien boxeur Mike Tyson cultive la « beuh » dans son ranch californien, le réalisateur Francis Coppola a fondé la Coppola Cannabis Company, l’ancien Premier ministre Israélien Ehud Barak s’est reconverti dans la marijuana thérapeutique et je ne vous parle pas du business florissant des rappeurs Snoop Dogg et Wiz Khalifa, dans le Colorado.

Le patron de Pernod Ricard ne va pas manquer de concurrence

Mais il préfère se laisser un peu de temps. Il prendra sa décision d’ici 12 à 18 mois. Pas question de lâcher la proie pour l’ombre et de fragiliser un groupe qui se porte bien : son activité dans les spiritueux – gin, rhum, whisky, vodka – croît de 6% par an. Ses marges dépassent les 27%.

Mais certains investisseurs lui reprochent son manque d’audace, à commencer par son actionnaire américain, le fonds activiste Elliott. Alexandre Ricard, lui, craint d’abîmer ses marques en se lançant trop tôt dans un marché encore très critiqué. Il veut d’abord observer ses concurrents avant de rectifier le slogan historique du groupe : un joint sinon rien !

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/histoires-economiques/histoires-economiques-17-janvier-2019#xtor=EPR-5-[Meilleur17012019]