Les industriels de l’alimentation nourrissent l’emploi ( Le Monde)

Publié le 6 avril 2017 par Valerie Gayte

Le secteur agroalimentaire a créé plus de 4 300 postes en 2016, et 10 800 sur trois ans

L’industrie agroalimentaire reste le plus gros pourvoyeur d’emplois en France. Ce statut, revendiqué par l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), est encore conforté en 2016, avec 4 333 emplois nets créés, selon le bilan annuel publié mardi 4 avril. Et sur trois ans, entre 2014 et 2016, le solde net positif dépasse les 10 800 créations de postes. Cette dynamique s’explique par un tissu formé essentiellement de TPE et de PME, c’est-à-dire de petites structures, qui représentent 98 % des 17 647 entreprises recensées dans l’agroalimentaire et sont réparties sur l’ensemble du territoire. Le secteur emploie au total 427 213 salariés, pour un chiffre d’affaires consolidé qui affiche une légère progression de 1,1 %, à 172 milliards d’euros.

Guerre des prix

Des indicateurs plutôt positifs, même s’il ne faut pas oublier des situations délicates. A l’instar du groupe de charcuterie et de conserves William Saurin, plombé par sa dette, dont les 3 200 salariés attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Mais l’ANIA agite surtout le chiffon rouge de la baisse de marge dont souffrirait l’industrie agroalimentaire. Elle estime qu’elle est en recul de 3,1 % en 2016. Et ce malgré une conjonction d’événements favorables, comme le prix bas du pétrole, le faible niveau des taux d’intérêt ou le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). L’ANIA affirme que le secteur a pâti en 2016 d’une hausse des prix des matières premières agricoles. Elle l’estime à 14 %, en citant quelques exemples emblématiques, comme l’explosion du prix du saumon ou de celui du jus d’orange, qui ont bondi respectivement sur un an de 60 % et 50 %. Elle affirme également que le prix du lait a progressé de 30 % et celui du porc de 20 %. Mais elle oublie de dire que les tarifs du lait ont été au plus bas en 2015 et n’ont affiché une hausse qu’en fin d’année. Pour le porc, les cours, eux aussi laminés en 2014 et 2015, ont repris progressivement de la hauteur à partir du printemps 2016. L’industrie agroalimentaire fustige également les négociations commerciales avec la grande distribution. Elle chiffre la déflation des prix alimentaires à 1,1 % en 2016 et à un total cumulé de 4 % ces trois dernières années. Selon l’ANIA, la guerre des prix que se livrent les enseignes de distribution se double depuis deux ans d’une guerre des promotions, le tout sans stimuler la consommation. Enfin, l’ANIA se plaint de la pression fiscale qui pèse sur les marges des entreprises. Sans surprise, la baisse du coût du travail est donc une de ses revendications auprès des candidats à la présidentielle. Comme la suppression des taxes et un moratoire sur la fiscalité comportementale. Les fabricants de sodas et les promoteurs de l’huile de palme pèsent de tout leur poids au sein de l’ANIA…Laurence Girard