Et si vous deveniez inspecteur du travail ? Le ministère cherche à diversifier ses recrutements

Publié le 18 février 2020 par Bernard Bourdon
Pour sa session annuelle de recrutement d’inspecteurs du Travail, le ministère a tout mis en œuvre pour attirer des candidats actifs. Ses services recherchent en particulier d’anciens représentants syndicaux en entreprise.
Les inscriptions au concours 2020 de l’inspection du Travail s’ouvrent ce lundi 17 février, et se clôtureront dans un mois, le 17 mars. Pour cette session, le ministère du Travail fait son maximum pour inciter un type de candidats particuliers à rejoindre les rangs: les actifs, en particulier ceux venus du privé. Et c’est encore mieux s’ils ont été un temps représentants syndicaux.  

Depuis une dizaine d’années déjà, le concours pour devenir inspecteur du Travail s’est ouvert aux actifs de la fonction publique et du privé. « 10% des places au concours leur sont d’ordinaire réservées », souligne Cyrille Boitel, porte-parole de l’Inspection du Travail. « Mais cette année, on veut leur garder au chaud jusqu’à 30% des places », annonce-t-il à BFMTV.

Attirer des champions du dialogue social

Car aujourd’hui encore, le plus fort contingent de participants au concours reste les étudiants. Et tout particulièrement des jeunes gens qui suivent un cursus de droit, souvent de droit social.

Viennent ensuite les étudiants en sciences humaines, et aussi en biologie ou en physique, « des thématiques très présentes dans l’analyse des conditions de travail, puisque les inspecteurs du Travail peuvent devoir évaluer la sécurité d’un échafaudage ou le poids qu’il peut supporter », détaille le porte-parole de l’institution.

Ces jeunes majoritairement issus de cursus juridiques ne suffisent plus à l’Inspection du Travail. « Nous cherchons à diversifier les profils avec des gens qui ont une expérience du monde du travail et de ses relations sociales. Nous ciblons particulièrement des salariés qui auraient assuré des mandats syndicaux, et qui ont l’expérience du dialogue social », relate Cyrille Boitel.

Qu’apporteraient ces individus à l’autorité qui contrôle le respect du Code du travail dans les entreprises ? Un moyen de mieux accompagner « la montée en puissance du dialogue social au sein de l’entreprise, instauré par les ordonnances Pénicaud« , précise le porte-parole.

300 recrutements en trois ans

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a en effet fait voter l’année dernière une réforme du Code du Travail qui fait la part belle à la négociation sociale au sein des entreprises, si petites soient-elles. Or cette forme de dialogue social « ne va pas forcément de soi en France où il n’y a pas cette culture », souligne la direction générale du Travail.

Pour mieux attirer des champions du dialogue social interne, les modalités du concours de l’Inspection du travail ont profondément changé. Par exemple, il n’y a plus de limite d’âge pour s’y présenter. En outre, le nombre d’épreuves écrites a été réduit, et les matières « dissuasives » comme les sciences dures sont devenues optionnelles.

À l’inverse, des épreuves de mise en situation ont fait leur apparition dans le concours. Objectif : « mesurer la capacité du candidat à analyser les situations pour résoudre les problèmes, plutôt qu’à seulement mobiliser ses connaissances académiques et juridiques », explique Cyrille Boitel.

La direction générale du Travail, qui compte aujourd’hui environ 4.400 agents, dont la moitié dédiée au contrôle, veut recruter 300 nouveaux inspecteurs du travail ces trois prochaines années.

Plus d’info : https://vocationservicepublic.fr/concours-inspecteur-du-travail-2020