La crise sans fin du prix du lait européen

Publié le 3 novembre 2017 par Bernard Bourdon

ouest-france.fr-30/10/2017

Les producteurs de lait européens se sont rassemblés devant le siège de la Commission, à Bruxelles, pour exiger des mesures pour la sécurité de leurs revenus, face aux crises à répétition du secteur.

En partenariat avec Euractiv.fr

Lors de la manifestation, organisée par l’European Milk Board (EMB) dans le cadre de sa campagne « Le beurre n’est pas tout », des éleveurs et leurs représentants ont sommé la Commission européenne de mettre en place un programme de réduction des volumes. Un tel mécanisme, prévu par la Politique agricole commune (PAC), permettrait d’assurer que la production de lait européenne s’adapte à la fluctuation des prix.

Une mesure similaire a été appliquée en août 2016, fournissant 150 millions d’euros d’incitation aux producteurs de lait, afin qu’ils réduisent la production. Très rapidement, le volume de lait arrivant sur le marché s’est réduit, faisant décoller les prix. 44 000 éleveurs avaient alors volontairement réduit leur production pendant six mois, ce qui a allégé de quelque 852 000 tonnes le marché du lait.

Un porte-parole de la Commission indique que le prix moyen du lait dans l’UE est à présent 34 % plus élevé qu’en août 2016, et près de 10 % plus élevé que la moyenne des cinq dernières années.

Les producteurs assurent cependant que ces gains récents ne suffisent pas à contrer les pertes des années précédentes et à leur apporter la sécurité. Malgré une récente augmentation du prix du beurre, liée à une pénurie, la plus grande partie de l’argent ainsi généré n’a pas atterri entre les mains des producteurs de lait.

« La situation est intenable pour le dernier maillon de la chaine de production du lait, qui ne reçoit aucune considération dans les politiques », assure Romuald Schaber, président de l’EMB.

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a admis qu’« il y a[vait] quelque chose de faussé dans un marché sur lequel un litre de lait vaut moins qu’un litre d’eau ». Des sources au sein de l’exécutif assurent toutefois que toute tentative de réguler la production reviendrait à réinstaurer les quotas, ce qui a été exclu.

Nous pouvons transmettre un ou plusieurs cookies sous forme de petits fichiers texte contenant des caractères alphanumériques qui identifient votre navigateur Internet. Ils sont utilisés pour suivre des habitudes d’utilisation sur nos sites partenaires, de manière non personnellement identifiable.

« Depuis la décision de supprimer les quotas de lait en 2003, les États membres ont toujours été clairs : il s’agit d’une solution du passé qui ne pourrait fonctionner dans un marché ouvert et international », poursuit cette source. « Les quotas sont exclus. »